CONSEIL ACADEMIQUE DES LANGUES REGIONALES JUIN 2018

 

Le conseil académique des langues régionales (CALR) a eu lieu le 18 juin dernier au Rectorat de Bordeaux. Véritable table ronde des langues régionales de l’Académie, c’est l’opportunité de défendre nos points de vue et d’évaluer les avancées faites ou restant à faire.

Pour cette session nous avons souhaité alerter l’Académie et le Rectorat du danger qu’encourait la filière bilingue face à une mise en concurrence avec les filières bi-langues, effective suite à des décisions arbitraires basées sur de simples calculs économiques.

Une disposition particulière devrait concerner à la rentrée 2018 certains collèges du Département des Pyrénées-Atlantiques, qui sont des collèges de petite dimension comptant une classe par niveau. Pour des questions d’économie d’heures d’enseignement et de rationalisation de l’organisation de l’apprentissage des langues étrangères, il est prévu dans ces établissements un enseignement bi-langue dès la 6ème, alors que dans les autres collèges l’enseignement de la LV2 commence en 5ème. 

Cette mesure, qui ne serait pas laissée au choix des familles, pourrait se justifier, voire trouver un certain intérêt, comme le démarrage précoce et concomitant des langues. Cependant elle s’avère problématique dans ces collèges où un certain nombre d’élèves suivent déjà depuis l’école primaire un enseignement bilingue de langue régionale. En effet, pour un élève bilingue qui aura 3h de langue basque par semaine en 6ème, l’horaire hebdomadaire, dans ce cas, s’élèvera à 31 heures. C’est une charge horaire très élevée, qui ne manquera pas d’effrayer certains parents souvent anxieux devant ce passage délicat de l’entrée au collège.

Au delà de ce cas particulier, il s’agit bien du libre choix des familles à cumuler ou pas deux filières exigeantes ; que l’on interdise, comme ce fut le cas lors de la réforme des collèges, la cohabitation des deux filières ou que l’on impose la filière bi-langue (le bilingue restant facultatif), dans tous les cas, la mise en concurrence se fait au détriment du bilingue qui accuse de fait un taux d’abandon conséquent .

Nous continuerons donc à être vigilants afin que la filière bilingue ne subisse pas les frais d’une concurrence déjà rude dans le secondaire.

Prenez connaissance de notre intervention, en suivant ce lien Texte CALR JUIN def