Le déconfinement dans les écoles : le point pour l’enseignement bilingue par l’association BIGA BAI.

Un bilan contrasté, qui laisse de grandes inquiétudes pour l’avenir.

Les écoles ont rouvert depuis le 11 mai, soumises à la contrainte de mesures sanitaires drastiques. Tout le système éducatif s’en est trouvé bouleversé. L’école se poursuit, certes, mais dans des conditions très particulières, et pas pour tous. Voici nos  remarques en ce qui concerne l’enseignement bilingue :

  • Dans l’ensemble, et grâce au travail fourni par les équipes pédagogiques, l’enseignement bilingue a pu être poursuivi dans la plupart des cas. Il n’y a que très peu d’écoles qui ne proposent aucun enseignement bilingue. A noter que les situations problématiques sont localisées dans la circonscription d’Anglet.
  • Parmi la centaine d’écoles bilingues, on rencontre des situations d’enseignement bilingue très diverses. Soit les élèves sont dans des groupes bilingues devant un enseignant de basque en mesure d’enseigner dans les deux langues, soit il s’agit de groupes mixtes suivis par un tandem d’enseignants, l’enseignant bascophone pouvant ménager des heures d’enseignement en basque aux élèves bilingues.
  • Si certaines écoles ont pu maintenir un jour sur deux d’enseignement en basque, dans beaucoup de cas nous sommes loin d’une parité horaire, et ce sont seulement des moments d’enseignement en basque qui peuvent être assurés dans la semaine de l’élève. Le principe de l’immersion (temps complet en basque) n’a pas pu être maintenu dans les écoles maternelles qui sont sur ce modèle.
  • Il y a beaucoup d’enfants qui ne sont pas scolarisés : depuis le 11 mai, environ 25 % d’entre eux sont retournés sur les bancs de l’école, dans ces écoles. Les autres bénéficient d’un suivi à distance, et nous savons cela est très peu opérant en ce qui concerne l’apprentissage du basque. Il faut espérer que le nombre d’enfants scolarisés va augmenter après le 2 juin.

 

En conclusion

Dans leur ensemble les écoles ont fait des efforts pour préserver un minimum d’enseignement bilingue. Malgré tout, la période représente un rude coup pour la transmission de la langue basque : l’enseignement d’une langue en primaire passe principalement par la pratique orale (entendre parler et parler), et cette pratique se trouve très réduite en ces circonstances.

Nous craignons des régressions importantes : diminution du niveau linguistique, déconnexion d’avec la langue, abandon de la filière (à l’entrée au collège, au lycée…) pour de nombreux élèves.

Par ailleurs, nous pensons qu’en tant que parents, alors que l’Éducation Nationale semble vouloir se recentrer sur les enseignements fondamentaux (le français, les mathématiques) nous devons rester vigilants sur les priorités qui seront données y compris à la rentrée de septembre : en effet, pour les élèves qui sont engagés dans une filière d’enseignement bilingue depuis leur plus jeune âge, l’enseignement de/en basque doit rester un élément incontournable des futures organisations.